L'illiade

L'illiade

Une traduction faite par moi-même du texte original d'après un de mes livres afin de le rendre plus facile à lire. Pour retrouver la beauté de l'original, ce site est excellent:

http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre1507-page8.html#page

Chant 1

 


 

Chante, déesse, du Pèlèiade Achille, la colère désastreuse, qui de maux infinis accabla les grecs, et précipita chez Hadès tant de fortes âmes de héros, livrés en pâture aux chiens et à tous les oiseaux carnassiers. En effet,c'est ainsi que se déroulaient les choses depuis qu'une querelle avait divisé l'Atride Agamemnon, roi des hommes, et le divin Achille.

Quel dieu les jeta dans cette querelle ? Le fils de Zeus et de Lètô, Apollon. Irrité contre le roi, il suscita dans l'armée un mal mortel, et les peuples périssaient, parce que l'Atride Agamemnon avait couvert d'opprobre Khrysès le sacrificateur.

En effet celui-ci était venu vers les vaisseaux rapides des grecs pour racheter sa fille ; et, portant le la rançon et les bandelettes de l'Archer Apollôn, suspendues au sceptre d'or, il conjura tous les grecs, et surtout les deux Atrides,Agamemnon et Ménélas, princes des peuples de libérer sa fille :

– Atrides, et vous, anciens , que les dieux vous donnent la force de détruire Troie, la ville de Priam et de rentrer heureux chez vous; mais, de grâce, rendez-moi ma fille bien-aimée et recevez ce présent, si vous vénérez le fils de Zeus, l'archer Apollôn.

Et tous les grecs,favorablement impressionnés, voulaient qu'on respectât le sacrificateur et qu'on accepta son présent . Mais cela ne plut point à Agamemnôn qui le chassa outrageusement qui lui répondit ainsi:

  • Prends garde, vieillard, que je ne te rencontre de nouveau en ces lieux, soit que tu t'y attardes, soit que tu y reviennes, de peur que le sceptre et les bandelettes du dieu ne te protègent plus. Je n'affranchirai point ta fille. La vieillesse l'atteindra, en ma demeure, dans Argos, loin de sa patrie, tissant la toile et partageant mon lit. Mais, va ! ne m'irrite point, afin de t'en retourner sauf.

    A ces mots, le vieillard trembla et obéit. Il allait, silencieux, le long du rivage de la mer mugissante.Désespéré, il conjura alors Apollôn :

    – Entends-moi, porteur de l'arc d'argent, qui protèges Khrysè et Killa la sainte. Si jamais j'ai orné ton beau temple, si jamais j'ai brûlé pour toi les cuisses grasses des taureaux et des chèvres, exauce mon vœu : que les grecs expient mes larmes sous tes flèches !

    Il pria le dieu et Phoebus Apollôn l'entendit. Du sommet Olympien, il se précipita, irrité portant son arc et son carquois. Les flèches sonnaient sur le dos du dieu irrité, aussi terrifiant que la nuit, à chacun de ses mouvements.
    Assis à l'écart des campements grecs, il lança de loin une flèche, et un bruit terrible sortit de l'arc d'argent. Il frappa les mulets d'abord puis les chiens et enfin, il perça les hommes eux-mêmes du trait mortel. Et sans cesse les bûchers brûlaient, lourds de cadavres.


  • Neuf jours durant, les flèches divines sifflèrent à travers l'armée. Le dixième, Achille convoqua les peuples dans l'agora. Héra le lui avait inspiré, anxieuse du sort des grecs qu'elle voyait périr. Et quand ils furent tous réunis, se levant au milieu d'eux, Achille parla ainsi :

    – Je pense qu'il nous faut reculer et repartir en mer, si toutefois nous échappons à la mort . Hâtons-nous d'interroger un devin ou un sacrificateur, ou un interprète des songes, car les songes expriment la volontéZeus. Qu'il nous dise pourquoi Apollôn est irrité, soit qu'il nous reproche des vœux négligés ou qu'il demande de nouveaux sacrifices. Sachons si, content de la graisse fumante des agneaux et des belles chèvres que nous lui offrirons, il écartera de nous cette calamité.

    Ayant ainsi parlé, il s'assit. Kalkhas, le divinateur, alors se leva. Il connaissait les choses présentes, futures et passées, et il avait conduit à Troies les vaisseaux grecs, à l'aide de la science sacrée dont l'avait doué Apollôn. Très sage, il dit  :

    – Ô Achille, cher à Zeus, tu m'ordonnes d'expliquer la colère du roi Apollôn l'archer. Je le ferai, mais promets d'abord et jure que tu me défendras car, sans doute, je vais irriter l'homme qui commande à tous les les hommes ici. Un roi est trop puissant contre un inférieur qui l'irrite. Bien que, pour l'instant, il refrène sa colère, il l'assouvira un jour, après l'avoir couvée dans son cœur. Dis-moi donc que tu me protégeras.

    Achille lui répondit:

    – Dis sans peur ce que tu sais. Non ! par Apollôn, cher à Zeus, et dont tu découvres aux grecs les volontés sacrées, non ! Nul d'entre eux, Kalkhas, moi vivant ne portera la main sur toi quand bien même tu nommerais Agamemnôn, qui se glorifie d'être le plus puissant des grecs..

    Alors, le divinateur prit courage s on courage à deux mainset dit :

    – Apollôn ne vous reproche ni vœux ni sacrifices ; mais il venge son sacrificateur, qu'Agamemnôn a couvert d’opprobre, car il n'a point délivré sa fille, dont il a refusé le prix d'affranchissement. Et c'est pour cela que l'archer Apollôn vous accable de maux ; et il vous en accablera jusqu'à ce que vous ayez rendu la jeune fille à son père et qu'un sacrifice ait été conduit à Khrysè. Alors nous apaiserons le dieu.

    Ayant ainsi parlé, il s'assit. Alors le héros Atride Agamemnôn, se leva, empli de fureur:
    – Maudit divinateur ! Tu ne m'as jamais rien dit d'agréable! Seuls les maux te sont doux à prédire. Tu n'as jamais ni bien parlé ni bien agi ; et voici maintenant qu'au milieu des grecs, en peil agora, tu prophétises que l'archer Apollon nous accable de maux parce que je n’ai point voulu rendre l'esclave Kriseis, aimant mieux la retenir dans ma demeure lointaine. En effet, je la préfère à Clytemnestre, ma femme. Elle ne lui est inférieure ni par le corps, ni par la taille, ni par l'intelligence, ni par l'habileté aux travaux. Mais je la veux rendre. Je préfère le salut des peuples à leur destruction. Donc, préparez-moi promptement un prix de remplacement , afin que je ne sois point dépouillé. Cela neserait pas normal car, vous le voyez, ma part m'est retirée.

    Achille lui répondit :

    – Orgueilleux atride, le plus avare des hommes, comment les grecs te donneraient-ils un autre prix ? Le butin a été distribué et il ne serait pas normal que l'on refasse un partage. Mais toi, remets cette jeune fille à son dieu, et nous, grecs, nous te rendrons le triple et le quadruple,lors de la mise à sac de Troie, si Zeus nous le permet .

    Agamemnôn, lui répondit :

  • – Ne crois point me tromper, quelque brave que tu sois, divin Achille car tu ne me séduiras ni ne me persuaderas. Veux-tu, tandis que tu gardes ta part, que je reste privé de la mienne, en affranchissant cette jeune fille ? Si les grecs me donnent un butin d'une valeur égale, soit. Sinon, je ravirai le tien, ou celui d'Aias, ou celui d'Ulysse et je l'emporterai. Mais nous songerons à ceci plus tard. Donc, lançons une embarcation sur la mer, munie d'avirons, chargée d'offrandes et faisons-y monter la belle Khrysèis , sous la conduite d'un chef, Aias, Idoméneus, ou le divin Ulysse ou toi-même, Pèléide, le plus effrayant des hommes, afin d'apaiser l'archer Apollôn par les sacrifices accomplis.

    Achille, l'air sombre rétorqua  ;

    – Impudent âpre au gain ! Comment un seul d'entre les grecs pourrait-il ête heureux de t'obéir? Je ne suis pas venu ici pour ma propre cause attaquer les Troiens car ils ne m'ont jamais nui. Jamais ils ne m'ont enlevé ni mes bœufs ni mes chevaux ; jamais, dans la fructueuse Phthiè, ils n'ont ravagé mes moissons : car un grand nombre de montagnes ombragées et la mer sonnante nous séparent. Mais nous t'avons suivi pour te plaire, impudent ! pour venger Ménélas et toi, œil de chien ! Et tu ne t'en soucies ni ne t'en souviens, et tu me menaces de m'enlever la récompense pour laquelle j'ai tant travaillé et que m'ont donnée les fils des grecs ! Certes, je n'ai jamais une part égale à la tienne quand on saccage une ville troyenne bien peuplée ; Et pourtant ma tâche est plus lourde que la tienne. Et, quand vient l'heure du partage, la meilleure part est pour toi ; et, ployant sous la fatigue du combat, je retourne vers mesvaisseaux, satisfait d'une récompense modique. Aujourd'hui, je retourne chez moi, car mieux vaut regagner ma demeure . Et je ne pense point qu'après m'avoir outragé tu parviennes à ravir à Troie la moindre de ses richesses.
    Agamemnôn, lui répondit :

    – Fuis, si ton cœur t'y pousse. Je ne te demande point de rester pour ma cause. Mille autres seront avec moi, surtout le très sage Zeus. Tu ne te plais que dans la dissension, la guerre et le combat. Si tu es brave, c'est que les dieux l'ont voulu sans doute. Retourne dans ta demeure avec tes vaisseaux et tes compagnons, les Myrmidons ; je n'ai nul souci de ta colère, mais je te préviens de ceci ; puisque Apollôn m'enlève Khrysèis, je la renverrai sur une de mes nefs avec mes compagnons, et moi-même j'irai sous ta tente et j'en entraînerai Brisèis qui fut ton partage, afin que tu comprennes que je suis plus puissant que toi, et que chacun redoute de se dire mon égal en face.

  • Il parla ainsi, et le Pèléiade fut ampli d'angoisse, et son cœur, dans sa mâle poitrine, délibéra si, prenant l'épée aiguë sur sa cuisse, il tuerait Agamemnonl'Atréid ou s'il refrénerait sa fureur.

    Et tandis qu'il délibérait dans son âme et dans son esprit, et qu'il arrachait sa grande épée de la gaine, Athèna sortit du fleuve ouranos, car Hèra aux bras blancs l'avait envoyée, aimant et protégeant Achille et Agamemnon. Elle se tint en arrière et saisit Achille par sa chevelure blonde, visible de lui seul, car nul autre ne la voyait. Et Achille, stupéfait, se retourna, et aussitôt reconnut Athèna, et lui dit en paroles ailées :

    – Pourquoi es-tu venue, fille de Zeus tempétueux ? Est-ce afin de voir l'outrage qui m'est fait par l'Atride Agamemnôn ? Mais je te le dis, et ma parole s'accomplira, je pense : il va rendre l’âme à cause de son insolence.

    Et Athèna aux yeux clairs lui répondit :

    – Je suis venue de l'Ouranos pour apaiser ta colère, si tu veux obéir. La divine Hèra aux bras blancs m'a envoyée, vous aimant et vous protégeant tous deux. Donc, arrête ; ne prends point l'épée en main, venge-toi en paroles, quoi qu'il arrive. Et je te le dis, et ceci s'accomplira : bientôt ton injure te sera payée par trois fois autant de présents splendides. Réprime-toi et obéis-nous.

Alors Achille répondit :

– Déesse, il fautt'obéir malgré ma colère. Cela est pour le mieux sans doute, car les dieux exaucent qui leur obéit.

Il parla ainsi, et remettant son épée dans son fourreau, il obéit.

Alors Athéna retourna auprès des autres dieux,sur l'Olympe.


  • Achille, toujours furieux, interpella Agamemnon :

    – Outre à vin, lâche !Jamais tu n'as osé, t'armer pour le combat avec tes hommes, ni tendre des embuscades avec les autres princesgrecs. Cela t'épouvanterait comme la mort elle-même. Certes, il est beaucoup plus aisé, dans la vaste armée grecque, d'enlever la part de celui qui te contredit. Mais je te jure par ce sceptre qui ne produit ni feuilles, ni rameaux, et qui ne reverdira plus : Bientôt, tous les grecs regretteront Achille et tu gémiras de ne pouvoir les défendre, quand ils tomberont en foule devant le troyen Hector ; A ce moment, tu seras réellement désolé d'avoir outragé le plus brave des grecs.


Ainsi parla Achille et il jeta à terre le sceptre qu'il tenait avant de s'asseoir. Agamemnon s'irritait aussi . Alors l'excellent orateur Nestôr, se leva.

Et la parole coulait de sa langue, douce comme le miel. Il avait déjà vécu deux fois ce qu'avait vécu les hommes de sa Pylos natale et il régnait sur le troisième âge. Très sage, il dit à l'agora :

– Ô dieux ! Certes un grand deuil envahit la l'armée grecque! Mais Priam, ses fils et tous les troyens se réjouiront quand ils apprendront vos querelles, à vous qui dirigez l'armée. Ecoutez mes conseils car vous êtes tous deux moins âgés que moi. J'ai vécu autrefois avec des hommes plus braves que vous, et jamais ils ne m'ont traité en inférieur. Non, jamais je n'ai vu et je ne reverrai des hommes tels que Peirithoos, et Dryas, prince des peuples, Kainéos, Exadios, Polyphème semblable à un dieu, et Thésée pareil aux immortels. Certes, ils étaient les plus braves des hommes et ils combattaient contre les centaures des montagnes ;Et ils les tuèrent terriblement. Et j'étais avec eux, loin de Pylos et de la terre d'Apiè, car ils m'avaient appelé pour que je combatte selon mes moyens. Aucun homme sur terre n'aurait pu leur résister. Et pourtant ils écoutaient mes conseils et s'y conformaient.









Obéissez donc aux dieux, car cela est pour le mieux. Il n'est point permis à Agamemnôn, bien que le plus puissant, d'enlever à Achille la vierge que lui ont donnéeles grecs, mais tu ne dois point aussi, Achille, résister au roi, car tu n'es point l'égal de ce monarque que Zeus a glorifié. Si tu es le plus brave, si une mère divine t'a enfanté, le roi est plus puissant et commande à un plus grand nombre. Agamemnon, renonce à ta colère, et je supplie Achille de réprimer la sienne, car il est le solide bouclier des grecs dans cette terrible guerre .

Agamemnôn répondit:

– Vieillard, tu parles sagement et bien ; Mais cet homme veut être au-dessus de tous, commander à tous et dominer . Si les dieux immortels l'ont fait brave, lui ont-ils permis de m'insulter ?

Achille lui répondit :

– Je mériterais d'être qualifié de lâche et de servile si, à chacune de tes paroles, je t'approuvais sans réserve . Commande aux autres, mais non à moi, car ne pense pas que je t'obéisse encore désormais. Je te dirai ceci ; garde-le à l'esprit : Je ne combattrai plus contre quiconque puisque vous m'enlevez l'esclave que vous m'avez donné. Mais tu n'emporteras rien de toutes les autres choses qui sont dans mon vaisseau.. Tente de le faire, prend ce risque et aussitôt ton sang ruissellera sur ma lance.

Furieux, les deux protagonistes se levèrent et rompirent l'agora . Et Achille se retira, avec le avec ses compagnons, vers ses tentes. Agamemnon lança à la mer une nef rapide, l'arma de vingt avirons, y mit une offrande pour le dieu et y conduisit lui-même Khrysèis . Le chef de cette expédition fut le subtil Ulysse..

Agamemnon interpella Talthybios et Eurybatès, qui étaient ses hérauts familiers.

– Allez à la tente d'Achille. Saisissez Breisèis . S'il s'y oppose, j'irai la chercher moi-même avec des soldats et ce sera plus douloureux encore pour lui.

Mandatés par ces dures paroles, les messagers marchaient à regret le long du rivage de la mer hostile et parvinrent aux tentes et aux nefs des Myrmidons.










Ils trouvèrent Achille assis auprès de sa tente et de son vaisseau. Ce dernier ne fut pas heureux de les voir et ils n'osèrent pas lui parler. Il comprit leur gêne et leur dit :

– Salut, messagers de Zeus et des hommes ! Approchez. Vous n'êtes point coupables envers moi, mais bien Agamemnôn, qui vous envoie pour la vierge Breisèis. Debout, Patrocle, amène-la, et qu'ils l'entraînent ! Mais qu'ils soient témoins devant les dieux heureux, devant les hommes mortels et devant ce roi féroce, si jamais on a besoin de moi pour conjurer la destruction de tous de la cause de ce gâchis ; car, certes,le roi est plein de fureur, il ne se souvient de rien, et il ne prévoit rien, et ils se soucie peu que les grecs soient saufs ou non dans cette guerre.

Patrocle obéit à son compagnon . Il conduisit Briseis hors de la tente , et la livra aux messagers. Et Les hérauts retournèrent aux vaisseaux royaux, l'entraînant de force. Et Achille, en pleurant, s'assit, à l'écart, sur le rivage blanc d'écume. Là, regardant la haute mer toute noire, les mains étendues, il supplia sa mère bien-aimée :

– Mère ! Puisque tu m'as enfanté pour vivre peu de temps, l'Olympien Zeus devrait m'accorder au moins quelque honneur ; mais il le fait maintenant moins que jamais. Et voici que l'Atride Agamemnôn, ce lâche qui commande au loin, m'a couvert d'opprobre, et qu'il possède ma récompense qu'il m'a enlevée.

Il parla ainsi, versant des larmes. Sa mère l'entendit, assise au fond de l'abîme, auprès de son vieux père. Aussitôt, elle émergea de la blanche mer, comme une nuée ; et, s'asseyant devant son fils qui pleurait, elle le caressa et lui parla :

– Mon enfant, pourquoi pleures-tu ? Quelle amertume est entrée dans ton âme ? Parle, ne cache rien afin que nous sachions tous deux.

Achille répondit dans un profond soupir :

– Tu le sais ; pourquoi te le dire ? Nous avons combattu Thèbes , nous l'avons saccagée, et nous en avons tout enlevé ; et les fils des grecs, s'étant partagé ses dépouilles, donnèrent à l'Atride Agamemnôn la belle Khrysèis. Mais bientôt Khrysès, le sacrificateur de l'archer Apollôn, vint dans les campements grecs pour racheter sa fille, porteur de la rançon et des bandelettes de l'archer Apollôn, suspendues au sceptre d'or. Et, suppliant, il pria les grecs et surtout les deux Atrides, princes des peuples. Les grecs voulaient qu'on respectât le sacrificateur et qu'on prit la rançon.

 

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